Ensemble, mobilisons nos énergies

Energies renouvelables

La France possède un potentiel d'énergies renouvelables très important.
Son développement s’inscrit dans des sujets à forts enjeux, que ce soient des enjeux sociétaux, industriels, réglementaires, ou encore des enjeux territoriaux notamment liés à la ressource foncière, condition nécessaire pour l’installation de centrales de production renouvelable... .

Des freins...et des opportunités

La réglementation
Tout le monde s’accorde à dire qu’elle est certes fondamentale, qu’elle a déjà évolué et permis, aujourd’hui, de se poser des questions pour aller plus loin, mais qu’elle est globalement un frein au développement massif des EnR. Et ce quelles que soient les filières considérées.
Des changements trop fréquents, qui ne permettent pas d’avoir un horizon clair et qui, dès lors, ne facilitent pas l’engagement des différentes parties prenantes que sont les industriels, les financeurs et les collectivités territoriales sur des projets à durée de vie très longue ; des vides juridiques aussi parfois (ex. du vide juridique sur l’encadrement du rechargement de véhicules en hydrogène… alors que la loi autorise à rouler avec un véhicule à hydrogène !) ; une réglementation par trop à la traîne aussi parfois par rapport aux évolutions technologiques ; une inadéquation entre les appels d’offres et les besoins réels ; des procédures administratives qui allongent considérablement les délais de sortie de projets…

Le financement
c’est incontestablement un point dur, qui a sa source dans plusieurs faits. D’une part, les actifs de production d’énergie renouvelables sont des actifs très capitalistiques avec un endettement long (12 à 18 ans). Et ces actifs sont alloués en « actifs industriels à risques », ce qui conduit les banques ou investisseurs à instruire chaque projet dans le détail de ses caractéristiques techniques.
Et ainsi, peu de banques interviennent en France sur des projets de taille moyenne (jusqu’à 50M€). D’autre part, la durée de ROI de ces projets conditionne une véritable relation de confiance entre industriels et investisseurs. Qui ne peut se créer que sur le long terme. Enfin, le durcissement, en cette période de crise économique, de la fiscalité sur les dividendes, peut aussi constituer un frein à l’investissement dans de nouveaux projets…

L’acceptabilité des citoyens… mais aussi des élus locaux
même si au fond le citoyen n’a pas de dogmatisme sur la provenance de l’énergie dont il a besoin,
il se trouve être en France très peu impliqué dans les projets d’énergie renouvelable, contrairement à l’Allemagne où les projets ont significativement, en nombre, une part de
financement par les citoyens. En revanche peu, voire très peu de mobilisation d’épargne citoyenne, des citoyens rétifs à l’installation de sites de production près de chez eux… la difficulté est aujourd’hui réelle en France. Elle va de pair, dans une certaine mesure, avec les réticences de prime abord d’élus locaux qui ont aussi besoin de temps, d’explications, de pédagogie pour pouvoir s’approprier les projets d’énergie renouvelable sur leurs territoires.

Au-delà de ces freins, qui constituent de facto autant de pistes d’évolutions pour engager plus avant le développement des projets d’énergie renouvelable, plusieurs opportunités sont à souligner :

Une volonté commune et convergente de tous les acteurs
l’envie et le souhait affirmé d’accélérer le développementdes projets d’énergie renouvelable ne fait pas débat auprès des industriels, des financeurs, des collectivités territoriales, des associations proches des citoyens. Et le constat sur les freins est largement partagé. Le système d’acteurs est donc tout à fait propice à cet enjeu de la transition énergétique.

Une place pour un échelon régional, source de cohérence

  • Face à des choix pas toujours judicieux ou trop segmentés voire des non choix (cas de la filière biomasse où les difficultés sont connues depuis longtemps et récurrentes, mais non traitées correctement
  • Approvisionnement, émiettement de la propriété forestière, gestion des forêts…), un niveau régional aurait toute sa place pour piloter la cohérence du développement de filières, et notamment d’une filière bois énergie. Et c’est particulièrement vrai en Rhône Alpes, région qui dispose d’un potentiel important.
  • L’échelon régional semble être aussi le bon échelon pour travailler au développement de l’acceptabilité sociale sur son territoire, en direction des élus comme des citoyens, et en lien avec les industriels concernés qui eux aussi ont un rôle à jouer.

La levée de difficultés techniques
c’est le cas du raccordement au réseau et la gestion des intermittences : cela reste une difficulté car il faut toujours un backup, mais elle est largement minorable par la mise en place de prévisions en amont. Ce sont également des expérimentations et des innovations qui voient le jour et qui facilitent le stockage de l’énergie.

Une révolution à l’œuvre dans les métiers de producteurs
les technologies permettent aujourd’hui de maîtriser des fluides « gratuits », ce qui a des conséquences incroyables sur le marché et les prix. C’est ce à quoi on assiste en Allemagne par exemple, où les prix de l’électricité ont chuté fortement et sont désormais plus bas qu’en France, alors que traditionnellement ils étaient plus élevés : cela provient d’un investissement massif dans les énergies renouvelables, qui présentent des coûts variables faibles ou nuls (étant entendu par ailleurs que la fourniture d’électricité est liée au prix de marché contrairement à la France).

Développer concrètement les énergies renouvelables, c’est ainsi :

  • Simplifier la réglementation, et la mettre au service de la compétitivité ;
  • Renforcer la gouvernance territoriale, autour d’une maille régionale qui en serait le chef d’orchestre ;
  • Développer les modalités de financement, en utilisant tous les moyens à disposition ;
  • Développer la confiance entre les acteurs industriels, les collectivités locales, et les citoyens, autour de projets liés aux énergies renouvelables.