Ensemble, mobilisons nos énergies

Smart Cities

Comment rendre les villes plus «smart», plus intelligentes, notamment en ce qui concerne la maîtrise de leurs consommations collectives d’énergie ? Comment les rendre ainsi plus efficaces dans leur gestion et leur pilotage des questions énergétiques ? Plus «économes» ? Plus «durables» ? Alors que les villes occupent aujourd’hui 2 % de la surface du globe, elles abritent déjà 50 % de la population mondiale, consomment 75 % de l’énergie produite et sont à l’origine de 80 % des émissions de CO2. Si La ville est ainsi le lieu de tous les enjeux et de toutes les « pollutions »… ne doit-elle donc pas être aussi le lieu de toutes les solutions ?

Un sujet aux dimensions multiples

Qui dit énergie en ville dit production, transport, stockage et bien sûr consommation. Qui dit consommation dit habitat, transports, activités, consommations privées et publiques, individuelles et collectives.
Mais, surtout, qui dit « smart cities » dit ainsi intégration de l’ensemble des activités et des consommations en une réflexion et une gouvernance unique, tout au moins partagée et coordonnée par l’ensemble de ses acteurs. Ce qui suppose une gestion également partagée de l’ensemble des données nécessaires…

Les expériences partagées

  • Des expériences de « mobilité propre » initiées par un certain nombre d’acteurs (ex : développement de solutions hydrogène performantes pour des flottes captives.)
  • La mise en œuvre de systèmes de gestion et d’optimisation des systèmes de transports urbains.
  • Des expériences conduites en France et à l’international démontrent la capacité de rendre déjà les transports urbains à la fois plus efficaces et plus économes.
  • La construction d’immeubles intelligents, de plus en plus économes, voire désormais à « énergie positive », ainsi qu’en attestent les réalisations développés par Urbiparc.
  • Les premiers déploiements en nombre de compteurs électriques désormais intelligents

Au-delà même d’expériences encore ainsi limitées à l’un des champs concernés, on peut évoquer aussi, à des niveaux déjà transverses cette fois :

  • La mise en oeuvre de premières solutions de pilotage intégrées au service des collectivités, avec la mise en place de tableaux de bord territoriaux par exemple, permettant d’intégrer un ensemble de données utiles à la Collectivité dans un outil unique de pilotage.
  • Les premières expériences d’intégration de bâtiments intelligents dans des quartiers urbains, ainsi qu’en atteste l’exemple d’Issy-les-Moulineaux, près de Paris.
  • Le développement conscient et partagé d’un premier projet de quartier durable à Grenoble (projet Eco Cité dans la Presqu’île).

Les technologies nécessaires existent déjà souvent, sinon sont en cours actif de développement. Les acteurs concernés s’adaptent, et même vite quand il le faut (ainsi, par exemple, de l’univers de la promotion immobilière face à l’évolution rapide des règlementations thermiques). Reste donc surtout à intégrer l’ensemble de ces expériences et de ces expertises en un projet cohérent au service de la collectivité dans son ensemble…

Des freins… et des axes de progrès

  • En termes règlementaires

Parce que le cadre juridique nécessaire n’existe pas encore. Et parce que les règlementations actuelles offrent encore trop de possibilités de recours à de nombreux acteurs, rendant ainsi toute innovation difficile à mettre en œuvre, et surtout rapidement, dans le cadre de calendriers maîtrisables…

  • En termes de gouvernance

Parce que la ville est un système et que l’optimisation de l’ensemble des réseaux suppose ainsi une gouvernance ad hoc, dotée des compétences et de la « hauteur de vue » nécessaires, capable de réconcilier et d’arbitrer des intérêts sinon trop divergents.

  • En termes de gestion ouverte des données

Parce que la cité intelligente de demain a besoin de croiser et d’analyser finement l’ensemble des données nécessaires disponibles. Ce qui exige donc qu’elles soient mises en commun et partagées. Sans pour autant donner trop de pouvoir à un acteur unique dans des conditions qui ne seraient pas parfaitement maîtrisées. Et tout en protégeant les citoyens de l’usage qui pourrait en être fait malgré eux.

  • En termes de modèle économique

Dans un monde où les impératifs de rentabilité sont toujours plus exigeants, et où tout effort nouveau suppose aussi des moyens associés, comment construire un modèle économique qui soit lisible et pérenne ? Alors que l’intégration des données d’ensemble ne crée pas a priori de niveau de ressources complémentaires ?

Enfin, de façon plus générale et sur un plan plus subjectif, on ne peut pas ne pas évoquer aussi des freins en termes de comportement des acteurs

  • Réticences compréhensibles des citoyens, tant vis à- vis de nouveaux comportements de consommation à adopter - moins individualistes, plus collectifs, mieux partagés - que vis-à-vis de la question des données personnelles de consommation d’énergie et de leur exploitation par des tiers,
  • Réticences naturelles des opérateurs concernés à quitter leurs positions habituelles en « silos », interfacer leurs activités, ouvrir leurs banques de données, partager les enjeux,
  • Réticences légitimes des collectivités elles-mêmes, faute de disposer encore des ressources, des compétences et du cadre juridique nécessaires.

Construire la "smart city" de demain, économe et durable, c'est ainsi :

  • Simplifier la réglementation
  • Renforcer la gouvernance territoriale
  • Se doter de structures de pilotages (création de deux opérateurs publics) :
    - Un opérateur de grands projets urbains
    - un opérateur de données ouvertes (Open data)